AVERTISSEMENT : Ce texte n’est pas du YAOI et peut paraître très Hot. A vous de lire ou non. Mais je vous préviens, c’est loin d’être du Harlequin ^^
S’il n’y avait pas eu de limite, simplement l’instinct et l’ambiance d’une nuit, que se serait-il passé ?
Dix neuf heures quarante sept, et je ne suis toujours pas prête. J’ai promis d’être enviable, et je n’ai que treize minutes pour sortir un joli jeu. Ma penderie est pleine mais je sais d’avance ce que je veux mettre. Je trouve ma robe noire. Légère et simple, elle met en valeur un décolleté aguicheur mais pas pour autant vulgaire. Le but étant d’attirer le regard, j’ajoute un pendentif qui s’arrête juste à la cambrure de mes seins. J’enfile mes talons compensés, environ douze centimètres, afin de tester sa carrure. J’aime lorsqu’ils sont grands car j’aime qu’on se courbe sur mon passage. Mais bien plus que ca, j’aime me sentir enlacer et sentir contre mon corps, une force bien plus dominatrice que la mienne.
Quelques touches de maquillage. Un fard violet pour faire ressortir le vert de mes yeux. Il est délicat pour moi, de regarder quelqu’un dans les yeux. J’y vois tant de chose, en dévoile tellement… J’ai pris l’habitude de fuir. Mais ce soir, j’ai envie de regarder. J’ai envie de plaire, de me sentir désirée et convoitée. Est-ce une bonne idée ? Il suffit de vivre sans regret.
Ma mère m’appelle. Une voiture est devant la maison. Je regrette à l’avance de ne pas avoir encore trouvé d’appartement, mais ce n’est que partie remise. Je descends et sors, attendant comme toujours que ma mère ait fini de jouer sa commère. J’allume une cigarette même si je me doute qu’il ne voudra pas que je fume dans sa voiture. Ces hommes…
Il ne me voit pas et cela m’amuse, car il écrit sur son portable, surement pour me dire qu’il est devant. Mon portable sonne, mais j’en profite pour l’observer. Son profil est plus que plaisant, il a tort de se croire banal. Un nez droit et fin, une peau laiteuse. Ses cheveux blond et court sont brossés en arrière. J’aime beaucoup. Je ne les aime pas rasés mais là, il est irréprochable.
Il m’aperçoit enfin. C’est amusant. Lorsqu’il sort me dire bonsoir, je suis ravie de constater qu’il me dépasse malgré le compensé de mes news rocks. Je n’aime pas être plus grande qu’un homme et par « malchance » si je puis dire, je suis grande sans à avoir à tricher en temps normale.
Je me sens légèrement mal à l’aise. Les mots sont plus simples lorsqu’on les écrit… Là, je ne sais pas vraiment quoi dire. Mais la soirée ne fait que commencer. J’observe sa voiture : une Opel tigra d’un bleu méditerranéen. Elle est belle, petite. Une voiture d’égoïste comme il me dit. La conversation se fait naturellement et je découvre un visage moins froid qu’à l’accoutumé mais toujours aussi attirant.
Je ne regrette pas d’avoir mis en valeurs mes atouts à la sortie en groupe. Ils ne lui étaient pas vraiment destinés… Je l’avais déjà remarqué. Son visage fermé, son regard qui observe mais ne dit rien… Il m’avait intrigué mais je n’avais pas ressentie l’envie d’aller vers lui. En foule, c’est comme s’il repoussait le contact. Peut être involontairement. Aujourd’hui je me dis qu’il choisi qui peut venir à lui. C’est lui qui décide, nous qui profitons.
« L’homme propose, la femme dispose ».
Je choisie le restaurant. Un pas très cher et qui pourtant propose une cuisine délicieuse et une ambiance sympa. Je n’aime pas abuser de l’hospitalité de mes ôtes, je préfère garder ma gourmandise pour plus tard. Nous entrons et je constate que le restaurant est vide. Nous avons le personnel rien que pour nous. J’aurai préféré me fondre dans la foule, nous isoler à travers le brouhaha des clients. Mais nous sommes seuls.
Nous parlons de ce que nous avons en commun, de ce qui nous est cher. Je ne vois pas le temps défiler. Je suis la conversation, continuant à l’observer avec envie. Ses lèvres roses sont comme un appel au péché. Je sirote ma Tequila Sunrise, préférant m’imaginer en train de déguster ces dernières. Je me demande quel goût elles ont. Mon regard se porte sur le contour de sa mâchoire. Carré, sans vraiment être trop prononcé. Je reviens sur son nez qui me charme toujours autant. On a tous un petit quelque chose qui attire le regard. Je m’étonne encore de n’avoir jamais vraiment observé ses traits. Il ne m’intéressait pas. Alors pourquoi maintenant ? Peut être cette liberté qui émane de lui, ce sans gène, son franc parler. Oui, les mots m’ont toujours attirée. Et ce soir, je veux voir ce qui se cache derrière ces mots, cette personnalité attisée.
Je n’aime pas les regards qui se croisent car il n’y a jamais de retour à ce qu’on y voit. Pourtant, discrètement, je m’émisse dans ses iris bleu gris. Un bleu froid où un feu de glace brûle. Il me brûle. Mon bassin se cambre involontairement, je sens les prémisses d’un désir étourdi que je ne refoulerais pour rien.
Le dessert arrive et je n’arrive pas à m’en contenter. Ce n’est pas ce dont j’ai envie à l’instant même. Ma dame blanche me parait fade. Je laisse la chantilly chaude venir caresser ma langue mais là encore, la déception est présente.
Nous continuons à parler. Le son de sa voix m’empêche de lui sauter dessus. L’idée de dialoguer d’une autre manière me fait sourire et me frustre en même temps. J’ai envie de bouder. Je me sens comme une enfant lésée face au jouet quelle désir mais interdiction d’y toucher. Nous ne sommes là que pour aller faire un billard…
Nous finissons par rejoindre les salles de jeu. Là aussi, le manque de client est flagrant et nous nous retrouvons seuls, dans une pièce où quatre tables de billard sont disposées aux extrémités de la salle. La musique résonne, un mélange de pop, de rock et de variété internationale. Rien de vraiment envoutant, ce n’est pas plus mal, je n’ai pas le droit de toucher.
Je ne peux m’empêcher de laisser mes pensées dérivées à la vue de la table, des queues et du jeu de boule. Je souris malgré moi de mon imagination déplacée. Mais je ne peux m’en empêcher. Il casse le jeu et ne parvient pas à marquer le moindre point. Finalement, c’est moi qui mène. Ma chance déconcertante l’agace et nous amuse.
Je l’empêche de jouer correctement, en le taquinant de ma queue ou en retirant les boules qu’il vise. Alors qu’il tente un coup des moins difficiles, je passe derrière lui, le frôlant de ma silhouette. Je souris et constate qu’il rate de peu son tir. Mon tour vient et je passe entre lui et la table alors qu’il n’y a pas beaucoup d’espace. Il était plus aisé de faire le tour mais moins amusant. Là, je souris encore de ma provocation. Il ne tente rien, garde sa queue en main. Cependant, à peine suis-je passée que je sens le bout de cette dernière venir taper mes fesses. Cela se poursuit une bonne heure. Nous nous chamaillons autour de la table sans jamais vraiment venir taquiner l’autre directement.
Il ne reste que quelques boules pour lui, une dernière pour moi. Centrée au milieu de la table, je m’assoie sur le rebord de cette dernière afin d’avoir un champ adéquate pour terminer la partie. Je me penche en arrière et vise en diagonale le trou à en haut à gauche. Ma robe se relève forcément sur le haut de ma cuisse, et je sens peser un regard lourd de pensée. Je voudrais savoir ce qu’il s’imagine. J’évite son regard, faisant mine d’ignorer ma posture traitresse. Je me concentre et l’entend contourner la table jusqu’à moi. Je souris sachant qu’il va vouloir me faire rater mon coup. Je m’attends à ce qu’il me pousse ou bloque ma queue, mais pas à ça.
Sa main se pose sur ma cuisse, son bassin bien se coller à l’intérieur de celle-ci. Il se penche doucement vers moi et observe ma trajectoire. Je sens mon équilibre fléchir et je n’ai pas beaucoup de choix : me laisser tomber complètement sur la table, ou me redresser contre lui ? Je tiens quelques secondes, suppliant mes abdominaux de tenir encore un peu sinon le jeu ne va plus respecter les règles.
Il sourit, fier de me déconcentrer comme il le fait. Je joue, tremblant légèrement par l’effort mais ne lui laissant pas la joie de me voir abandonner. Je suis mal placée et je ne mets pas assez de force dans mon coup. La blanche s’avance paresseusement sur la dernière de mes jaunes, l’effleure mollement. Cette dernière parvient au bord du trou et s’arrête avant que son poids ne l’entraine finalement. J’ai gagné.
Ses doigts se pressent sur ma chair, signe qu’il est presque mauvais joueur. Mon coup lui parait injuste, je le sais. Ce qui me parait injuste à ce moment précis, c’est qu’il reste sur sa position. Je sens notre contact me brûler la peau. Je me redresse et pose à contre cœur ma main sur sa poitrine pour l’écarter. La partie est terminée.
Il ne bouge pas. Ses bras viennent entourer ma taille et saisir la queue qu’il positionne derrière moi. Il se penche et frappe chaque boule, les sortant une à une de la table. Il semble beaucoup plus habile qu’il me l’a fait croire au début. Son visage à auteur de mes seins me donne de plus en plus chaud. Je laisse mes mains en places, je n’ai plus le courage de le repousser. Une petite partie de moi espère que la soirée est terminée. Une plus grande n’en a rien à faire et désir d’avantage. Au fond, je n’ai rien à perdre. Inversement, ce n’est pas mon choix.
Il se redresse, et je sens au niveau de mes reins, la queue de billard m’attirer à lui. Il est grand et il me faut relever la tête pour observer ce feu de glace qui brûle à cet instant. S’enflamme-t-il pour moi ? Ce désir qui inonde tout mon être est-il réciproque ? Pour le savoir, il suffit de demander.
Les mots seraient incongrus et briseraient ce climat de désir. Je préfère parler avec mon regard, lui murmurer du bout des lèvres ce dont j’ai envie. Bien qu’il soit grand, en me cambrant, j’arrive à glisser un souffle sur sa bouche. J’ai tant à lui dire et je veux garder cette manière de m’exprimer.
Je le sens se raidir. Malgré la musique, je discerne son cœur s’affoler. Je sens son excitation et cette légère angoisse d’être surpris à tout moment. Je trouve cette situation plaisante. L’envie de pousser un peu plus le risque qui nous guette, me donne des sensations supplémentaires. Moi aussi, je me sens en territoire inconnu. Mais la tentation est bien trop forte, et je veux croquer cette pomme qui se tient si près de mes lèvres.
La chaleur qui s’anime entre mes cuisses devient insoutenable. Je ne sais pas s’il a réellement pris sa décision où s’il espère jouer encore avec la tentation. Moi, je sais ce que je veux. Et je n’ai pas peur d’aller me servir. Je sais qu’il ne me repoussera pas. Au fond de lui, c’est moi qui aura fait le premier pas. Qui ne lui aura pas laissé le choix. Les hommes sont tellement immatures…
Mes lèvres viennent surprendre son sourire narquois. Son cœur s’emballe et résonne contre ma poitrine. Mes mains se glissent autour de sa nuque, approfondissant ce baiser qui en dit long. Le souffle nous manque. Une seconde de répit à peine, et les flammes du désir viennent à nouveaux saisirent nos lèvres. Ses mains remontent le long de mes cuisses. Je sens encore un peu d’incertitude mais elles ne redescendent pas pour autant.
Je l’attire plus fort contre moi, gémis devant cette virilité imposante et chaude. Un simple gémissement, une seule note venant du plus profond de mon être, et cela suffit à détruire toute résistance.
Sa bouche vient dessiner un sillon de braise le long de ma gorge. Quelque baisers insistants sur mon épaules et je sens les frissons du plaisir venir me tourner la tête. L’impatience se fait de plus en plus grande. Mes mains tremblent. Je n’en peux plus.
Je laisse une de mes mains se poser là où le désir est à son comble. C’est impressionnant, de loin décevant, et cette simple caresse donne place à un accès de désirs plus violent encore. Il est sensible. J’espère entre deux souffles qu’il ne l’est pas trop. Il serait dommage de terminer rapidement cet « entretien » torride.
Je trouve facilement l’ouverture de son jean. Elle aussi ne me résiste pas. Je glisse ma main et sourit lorsqu’un râle roque lui échappe. Il en perd presque le contrôle. Ses doigts plongés dans ma chevelure, retiennent ma tête en arrière, m’offrant comme de force à lui. Sa main libre vient chercher l’un de mes seins dont l’extrémité est dure et brulante de désir. Sa langue ne fait qu’augmenter la chaleur du brasier. Je me sens fondre, mon entrejambe se consume. Je fais plus pressante ma demande.
Brusquement, mes lèvres se retrouvent contre les siennes. Sa langue cherche la mienne avec une douceur surprenante. Tout aussi tendrement, je sens glisser le long de mes cuisses la dernière rembarre à ce que je désirs avec impatience. Pendant quelques minutes, nous laissons place à une rencontre timide mais déterminée. Je retiens mon souffle et tente de ne pas briser cet instant. Mais c’est à peine si je réussis à me retenir.
Le plaisir vient m’envahir comme une décharge. Elle me prend de force et je ne lui résiste pas. Je l’attire avec dureté à nouveau contre mes lèvres, enlaçant violemment son bassin contre le mien. Chaque coup de reins me fait perdre le contrôle. Mes gémissements se font de plus en plus fort, comme le plaisir que je ressens. Pourvu que la musique soit assez forte pour masquer nos élans d’allégresses.
Mes complaintes deviennent mécontentement lorsqu’il s’éloigne de moi. Je suis presque agressive, mais la force de ses bras qui me retourne sur la table de billard ne me laisse aucuns choix. Mais frustration est de courte durée. Il revient à moi, toujours avec cette qualité à la fois tendre et emportée. Et c’est encore meilleur. Pourvu que la table de billard ne cède pas.
Je laisse libre court à mes orgasmes. Il m’attire toujours plus contre lui, l’une de ses mains emprisonnant ma mâchoire. Ses lèvres dévorent les miennes avec tant d’avidité. L’autre main est agrippée à mon bas ventre, ses ongles mordant ma chair tant il se retient à moi. Pourvu que cela ne s’arrête jamais…
Mais arrive un moment où le plaisir ultime doit arriver… Alors que je sens en moi venir un nouvel élan de jouissance, je ne peux m’empêcher de mordre ses lèvres de manière retenue… Une simple morsure dont le venin a l’illusion du bonheur… un bonheur éphémère et passager.
Je voudrais que la nuit ne fasse que commencer… Mais il est temps de rentrer…